dimanche 25 septembre 2011

Corde sensible

Long time no see!

Malgré que j'essaie de diminuer tranquillement ma charge de travail au bureau en prévision du congé de maternité qui s'en vient, j'ai vraiment eu un dernier 3 semaines d'enfer. Procès par-dessus procès, par-dessus procès. Des semaines entières où je n'ai pas mis le ptit orteil dans mon bureau, si ce n'est que pour aller récupérer mon dossier du lendemain, en fin de journée.

On a une pratique très "sociale" au bureau, exerçant dans des domaines et avec de la clientèle pas toujours facile. J'ai toujours très bien réussi à gérer mes dossiers avec assez de sensibilité pour que mes clients se sentent supportés, mais sans me laisser envahir par les contextes difficiles de mes dossiers, et particulièrement en matière de protection de la jeunesse.

Depuis que je suis enceinte, je réalise que ce détachement que j'ai toujours facilement réussi à avoir devient soudainement moins évident. Quand je lis des rapports qui font état d'un enfant négligé, de ses importants retards dans toutes les sphères de sa vie, d'un absence de lien d'attachement avec le parent (que je représente), et par-dessus tout, quand ledit parent vient à mon bureau avec son bébé, qu'il a peine à s'en occuper et que les 2-3 mots qu'il lui adresse sont des cris et des reproches, je commence à avoir ben de la misère.

J'ai fait un dossier d'adoption dernièrement, dans lequel je représentais l'enfant en cause. Après avoir pris connaissance du dossier et avoir entendu les témoins, j'en suis venue à la conclusion que l'adoption était dans l'intérêt de l'enfant et que c'était la meilleure décision que le Tribunal pouvait prendre. Mais une fois rendue à mon tour de plaider et de donner ma position, j'avais le trémolo dans la voix et malgré que j'étais convaincue par ma décision, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à cette maman pas très loin qui m'entendait dire que son enfant devrait perdre tout lien qu'il a avec elle...

Pas facile, surtout quand, pendant ce temps-là, on reçoit un petit coup de pied bien animé dans le bedon, qui nous rappelle à quel point on donnerait tout pour ce petit bonhomme et qu'on ne supporterait pas d'un jour en être privée...

2 commentaires:

Véro a dit...

Oufff les hormones, pas toujours facile hein?

Je te fais un gros câlin virtuel!

Il te reste beaucoup de temps avant ton arrêt de travail?

Isabelle a dit...

@ Véro : Il me reste 10 semaines. J'arrête le 2 décembre, soit 4 semaines avant ma DPA.